
Au rendez-vous une fois de plus, en même temps que la rentrée des classes et le raisin, voici les sélections de prix Elbakin.net du meilleur roman de fantasy, cuvée 2026 !
Comme d’habitude, une liste d’œuvres francophones et une d’œuvres traduites se répartissent chacune en deux catégories, adulte et jeunesse, pour récompenser un texte paru pour la première fois en France entre le 1er juin 2025 et le 31 mai 2026.
Les lauréats seront annoncés à la fin du mois de septembre.
Félicitations aux auteurs et autrices des livres sélectionnés !
Sélection du prix Elbakin.net 2026 du meilleur roman de fantasy francophone
Sélection adulte
Trois nuits, Stéphane Arnier (PVH Éditions)
Trois personnages d’origine, de métier et de classe sociale diverses se retrouvent réunis par une entité pour passer trois jugements sur trois mystères différents, avec des conséquences funestes en cas d’erreur. Stéphane Arnier signe un roman en forme de conte moral et cruel où la vérité se fait élusive et où les notions d’innocence et de culpabilité deviennent toutes relatives… (Première page)
Thorvald au fil d’or, Alexandre Desoutter (Argyll)
Un premier roman très soigné, tant dans son écriture que dans la documentation historique qui offrent toutes deux une belle immersion dans une époque légèrement décalée par rapport à celle que l’on voit souvent évoquée quand il s’agit du Moyen Âge scandinave. Thorvald est un héros propre et droit, trop peut-être, et ses aventures vont lui apprendre à composer avec le monde qui l’entoure : c’est un destin que l’on a plaisir à le voir suivre.
Le Silence des Lys Tigrés, Sally Fauconnier (Mnémos « Naos »)
Un jour, les Lys Tigrés sont arrivés. Ils se sont multipliés, ont envahi la ville et ont commencé à se faire entendre, provoquant l’effondrement de la cité et la fuite des habitants. Mais d’où viennent-ils ? Que veulent-ils ? À qui ou à quoi s’opposent-ils ? Le Silence des Lys Tigrés est une lecture déroutante, menée plus par les non-dits et les creux que par ce que la narratrice nous expose, qui invite les lecteurs et lectrices à trouver elles-mêmes les clefs de l’interprétation.
L’Envol des sables, Aurélie Luong (Argyll)
Si la filiation avec Les Lions d’Al-Rassan de Guy-Gavriel Kay saute aux yeux tant par le contexte que la beauté de l’écriture, L’Envol des sables se démarque en nous plaçant du point de vue des Amazighs et plus particulièrement de deux quasi-frères qui ne rêvent que de gloire et de revanche en s’emparant de l’Espagne. Leur relation est l’une des plus belles que nous avons pu lire et la galerie de personnages secondaires est tout aussi attachante. La touche fantasy, légère, apporte un souffle indéniable à ce roman épique mais aussi touchant qui ne sonne jamais faux.
De l’or dans les mains, Eva Martin (Critic)
Situé dans le même univers que Miska et dans sa suite chronologique, bien que relativement indépendant de celui-ci, De l’or dans les mains suit cette fois une voleuse charmeuse qui ne cherche rien tant qu’à vivre en paix dans un monde bouleversé où les gens comme elle ne sont pas les bienvenus : les pauvres, les petits, les personnes douées de magie, autant de laissés-pour-compte et d’exploités. Entre récit de cambriolage évidemment plein d’écueils et réflexions douces-amères sur le prix de la liberté, Eva Martin nous offre un roman animé par une héroïne aussi attachante que râleuse.
Sélection jeunesse
Walter Cobb. Nos chemins d’or et de poussière, Mathilde de Lagausie (Rouergue)
Parce que la cruauté du monde s’affronte plus facilement quand on chemine avec des compagnons qui deviennent une vraie famille de cœur… Un roman plein de rage, mais également porteur d’espoir et de lumière. (Première page)
Mur-murs, Florie Maurin (Sarbacane)
À Rémanence, les murs n’ont pas d’oreilles, mais ils absorbent les émotions des habitants. Cette magie peut être extraite puis exploitée dans des artefacts divers. Gare aux excès de sentiments, qui peuvent faire s’écrouler les bâtiments ! Astrid et Céleste arrivent à la Croisée des chemins, où leur avenir sera décidé. C’est simple, chacun se verra assignée la place qu’il mérite, selon ses efforts et son travail. Dans cet univers aux disparités de richesse marquées, tout fonctionne-t-il vraiment aussi bien ? Amitié, rébellion et lutte des classes au menu de ce premier roman.
H, mort ou vif, Pascale Quiviger (Rouergue)
Le roi est mort, vive le roi ! Problème, l’héritier est inexistant et le royaume se retrouve orphelin avec un mystérieux « H » pour seule piste. Pascale Quiviger emmène ses lecteurs à suivre les pérégrinations d’Esmée et Mercenaire pour retrouver l’héritier du roi Fénélon, toujours au sein de l’univers de Pierre d’Angle. Un réel délice grâce à une maîtrise parfaite de l’intrigue, l’univers et les personnages. Mais nul ennui à retourner dans cet univers ! L’autrice prend le pari d’assombrir son roman – peut-être parce que son lectorat a grandi depuis Pierre d’Angle – et c’est une franche réussite !
La Dernière Archive, Camille Sirieix (Mnémos « Naos »)
Dans une ville cachée du monde surgit soudain une personne étrangère… mais ce n’est pas forcément d’elle que vient le danger. Au travers d’une enquête en huis clos haletante, ce premier roman se teinte à la fois d’horreur, de politique, de féminisme ou de considérations sociales sans jamais perdre son lecteur ni son fil rouge. Un texte surprenant à plus d’un égard.
Yellow Feu Follet, Siècle Vaëlban (L’École des loisirs)
Du haut de ses douze ans, Yellow aime ses parents, son perroquet, la vie, les fleurs et le ciel. Elle aime aussi son frère, même si celui-ci a bien du mal à le lui dire en retour… Un roman lumineux qui nous éclabousse de couleurs vives et joyeuses et nous donne envie de courir à en perdre haleine, pour cette explosion de bonheur que Yellow nous procure !
Sélection du prix Elbakin.net 2026 du meilleur roman de fantasy traduit
Sélection adulte
La Dame renard, Yangsze Choo (Hachette Heroes « Le Rayon imaginaire »), traduction de Félix Huet
Neige cherche la vengeance, Bao cherche son passé, et ce sont leurs récits parallèles que l’on suit avec deux façons de voir le monde : Neige, renarde rongée par le deuil, reste toujours à l’écart de la société des humains dans laquelle elle vit pourtant, tandis que Bao remonte le fil de sa propre histoire en enquêtant sur celle des autres. Yangsze Choo dessine deux portraits très différents mais complémentaires et, au travers de ces deux personnages ayant chacun leur quête, un monde aussi cruel que subtil, esquissé par une plume simple sans être plate, délicate et limpide. (Première page)
Hécate la sorcière, Nikita Gill (Hachette Heroes « Le Rayon imaginaire »), traduction de Chris Vuklisevic
Cachée aux Enfers pour échapper à la vengeance des dieux olympiens qui poursuit tous les siens, Hécate grandit seule au pays des morts, ignorante de ses pouvoirs et de sa destinée. La poétesse Nikita Gill relate en vers libres le cheminement de l’enfant puis de la jeune femme, une forme sobre mais forte où s’expriment avec grâce ses doutes, ses espoirs et ses colères.
The River Has Roots, Amal El-Mohtar (J’ai lu « Nouveaux millénaires »), traduction de Patrick Marcel
Inspiré d’une ballade du folklore britannique, The River Has Roots nous emmène aux frontières de Féerie, où chacun sait qu’il est dangereux de se rendre quand on est humain… Amal El-Mohtar nous offre un texte court mais dense, poétique et délicat, où plus que de peur et de mort, elle nous parle de partage, de réconciliation et de transmission. Son écriture très travaillée et très maîtrisée nous plonge avec force dans ce drame et réaffirme la voix singulière de l’autrice. (Première page)
The Book of Love, Kelly Link (Albin Michel Imaginaire), traduction de Michelle Charrier
Un livre généreux, où l’étrange s’insinue subtilement dans le quotidien. Avec son intrigue sinueuse, un mystère à élucider et des personnages profondément humains, complexes, avec leurs qualités mais aussi leurs défauts, The Book of Love est un premier roman d’une autrice de nouvelles confirmée qui mérite le détour.
Les Survivants du ciel, tome 1 du Cycle des Rages, Kritika H. Rao (Albin Michel Imaginaire), traduction de Florence Bury
L’humanité a fui la terre pour se réfugier dans les cieux, dans d’immenses cités maintenues dans les airs par magie. Situant son intrigue dans un cadre original, utilisant adroitement des éléments de la mythologie indienne, mêlant l’intime et le spectaculaire, Kritika H. Rao nous propose une science fantasy inspirée aux multiples enjeux qui permet de prendre de la hauteur.
Sélection jeunesse
Guide pratique pour boulangère magique, T. Kingfisher (Seuil jeunesse), traduction de Rosalind Elland-Goldsmith
Un crime odieux vient d’être commis. La suspecte ? Mona, une jeune boulangère aux pouvoirs magiques. Pas vraiment l’image que l’on a d’une tueuse… Alors, quand le véritable assassin cherche à s’en prendre à elle, Mona se doit de mener l’enquête pour s’innocenter Suivez le guide, vous embarquerez dans un voyage complètement loufoque où le levain prend vie et où la pâte à cookies fait la guerre… On prend le même plaisir à suivre les pas de Mona qu’à déguster une petite viennoiserie le dimanche matin. Une belle surprise que cette « cosy fantasy » !
Olivetti, Allie Millington (Milan), traduction de Laurent Laget
À la disparition de sa mère, un enfant qui préfère lire les mots que les dire se décide à mener l’enquête pour la retrouver. Il fait la connaissance d’une certaine machine à écrire qui, elle, en a des choses à dire… Portrait d’une famille profondément humaine à laquelle chacun pourra s’identifier, Olivetti est d’une grande justesse dans l’expression des sentiments. Par une touche de féerique, l’autrice aborde des thèmes contemporains mais qui, parfois, ont du mal à s’exprimer chez le commun des mortels. Olivetti trouve les mots justes et permet au lecteur d’en ressortir grandi.
Voyage léger, Naomi Mitchison (Callidor « Âge d’or »), traduction de Maxime Le Dain
Abandonnée par sa famille humaine, nourrie par des ours, élevée chez les dragons, chassée par des héros, Halla enfin rencontre le Vagabond, Odin en personne, qui lui offre sa cape et un conseil : « Voyage léger ». Elle fera bon usage de l’une comme de l’autre. L’écriture de Naomi Mitchison est d’une surprenante modernité, évoquant à la fois un conte et des écrits féministes. Paru en 1952, encore jamais traduit en français, Voyage léger est souvent comparé au Hobbit pour sa capacité à frapper un jeune lectorat en lui laissant entrevoir l’immensité d’un univers, autant qu’un moins jeune en lui en rappelant les merveilles. Bien décidée à mener sa vie dans un monde qui change, l’héroïne apprend à naviguer dans un univers souvent cruel, à affirmer sa différence et son identité et, plus que tout, à défendre sa liberté de fille et de femme.
Heir, tome 1, Sabaa Tahir (Bragelonne « Big Bang »), traduction de Laurence Boischot
Vingt ans après les événements d’Une braise sous la cendre, une nouvelle génération de personnages se trouvent à leur tour malmenés par l’existence. En quête de vengeance, de la reconnaissance de leurs pairs ou simplement d’une place qu’ils ne parviennent pas à trouver, chacun se bat avec ses propres armes contre ses propres ennemis – quitte à devoir parfois se trouver des alliés imprévus. Sabaa Tahir mène son intrigue tambour battant grâce à une plume efficace, alternant habilement entre les différentes perspectives et parvenant à toutes les rendre attachantes à ses lecteurs et lectrices.
Le Voleur, tome 1 du Voleur de la reine, Megan Whalen Turner (Monsieur Toussaint Louverture), traduction de Yoko Lacour
Qui vole un œuf vole un bœuf. Tel pourrait être résumée l’intrigue du Voleur où nous découvrons Gen, voleur émérite mais arrogant qui se retrouve emprisonné par un royaume ennemi et se doit de voler une antique relique sous peine de mort. Problème, personne ne croit en l’existence de cette relique… Sans révolutionner le genre, Le Voleur s’inscrit comme un roman de fantasy qui n’a rien à envier aux plus grands. Sous une forme de classicisme, le lecteur se retrouve plongé dans un univers où les intrigues politiques foisonnent dans tous les sens, où les dialogues ont une saveur délicieuse à la lecture et dans lequel l’intrigue se révèle plus complexe qu’il n’y paraît pour notre plus grand bonheur.
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